Analyse des sociétés européennes

Entretien avec Raymond Barre : "Rien de pire pour l'Europe que l'indifférence !"

Pour l’ancien Premier ministre, l’Europe est bel et bien sur les rails. Même si la vivacité des débats, notamment sur la monnaie unique, pourrait faire croire que les États membres ont des arrière-pensées, l’essentiel est que l’on soit à même de parvenir à des compromis efficaces. S’agissant des améliorations possibles dans le fonctionnement des institutions, il préconise l’existence d’un "gouvernement européen" qui se traduirait par la présence permanente de ministres à Bruxelles. Un tel système aurait pour avantage d’éviter que le Conseil continue de se défausser sur la Commission de responsabilités dont elle n’a pas la charge.

Entretien avec Michel Barnier : "Il n'y a pas de cassure entre les Français et l'Europe"

Lancé à Strasbourg en octobre 1996, le Dialogue national pour l'Europe a pris fin le 9 mai 1997.Pendant sept mois, le ministre des Affaires européennes a sillonné la France entière pour s'entretenir avec les Français des grandes questions européennes du moment et répondre à leurs interrogations sur l'avenir de la construction européenne. Son constat est déjà fait : contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'y a ni hostilité ni refus de leur part à l'égard de l'Europe. Tout au plus, des inquiétudes, voire des peurs, que ceux-ci veulent exorciser en les exprimant. La grande leçon de cette expérience, jusqu'ici unique en Europe, c'est d'avoir démontré que les Français ne veulent plus que l'on décide derrière leur dos.

L'europe centrale et orientale : Développer les échanges universitaires Est/Ouest

Étroitement liés à la politique d'aide des États ou à celle des fondations privées, les échanges universitaires avec l'Europe centrale et orientale souffrent soit d'un manque de moyens financiers, soit d'un manque de coordination. D'où le danger que des pans entiers de la recherche ou des domaines comme les sciences de l'information, les sciences humaines et la biologie, qui étaient déjà délaissés, ne soient définitivement oubliés. Réalisée à l'initiative du Groupe des Belles Feuilles dans le cadre de la création de la fondation CŒUR (Council on European Responsibilities), l’étude qui suit entend présenter un état des lieux précis de l'ensemble des programmes publics et privés existant tant au plan national qu’européen.

L'Europe centrale et orientale : La Biélorussie, plus européenne, qu'asiatique

La perception que l'Occident a de la Biélorussie serait-elle tronquée ? Les élections présidentielles de 1994 ont porté au pouvoir Alexandre Loukachenku, réputé pour avoir mis en place un régime autoritaire, expliquent sans doute la vision négative que cette ex-République soviétique suscite, notamment en Europe, notamment en Allemagne. Pourtant, dans les sondages, les Biélorusses se révèlent plus pro-européens, et plutôt moins anti-libéraux, que leurs "frères" russes ou ukrainiens.

Que ce soit pendant la période de la perestroïka ou durant les années qui ont suivi, la Biélorussie a été la grande oubliée dans tous les travaux de recherche consacrés à la Russie et aux autres républiques d'URSS/CEI.

L'Europe centrale et orientale : La Pologne et l'Europe, desserrer l'étau de l'histoire et de la géographie

Vue de Pologne, l'Union européenne apparaît soit "idéalisée", soit au contraire "diabolisée". Découlant de l’espoir, voire de l’attente, d’une "réparation" des préjudices historiques subis par ce pays, dont le seul tort est d'avoir été pris dans un étau géographique entre la Russie et l'Allemagne, l’idée que la Pologne devrait adhérer à l’Union européenne est souvent le fruit d’un miroir déformant. Pour l'auteur, qui est vice-président de la Commission chargée du Traité européen à la Diète polonaise, une telle attitude risque de conduire à une impasse.

L'Allemagne : L'après Kohl ?

La candidature-surprise du chancelier Kohl à sa propre succession aux élections législatives de 1998 ne règle pas pour autant la crise économique profonde que traverse actuellement l’Allemagne. À force de compromis, de subventions et d’aides d’État, l’économie allemande est devenue une "spirale de revendications" où "les citoyens sont assistés mais néanmoins insatisfaits". Ce diagnostic, plutôt sévère de la part d’un membre issu du sérail de la CDU, passe en revue les principaux maux politiques dont souffrirait notre voisin.

Diplomatie et sécurité européenne : La quadrature du cercle atlantique, bâtir Vienne éviter Versailles

Le débat sur l'élargissement de l'OTAN a suscité nombre de controverses. Peu à peu, entre Moscou et Washington, un climat de "paix froide" s'est instauré ; tandis qu'à l'Est ce débat engendrait frustrations et jalousies. En accroissant la sécurité de quelques-uns, ne risque-t-on pas en effet d'augmenter l'insécurité de tous? Telle est la quadrature du cercle que la Charte russo-atlantique est censée résoudre. Au cœur de ce débat, on retrouve le statut et le rôle de la Russie en Europe. Bien que les Européens aient été longtemps absents des négociations, leur responsabilité reste entière puisque l'enjeu est de bâtir un système de sécurité collective efficace et cohérent en Europe. Or, celui-ci ne se fera pas sans ou contre les Russes. Écarter Moscou, c'est risquer un nouveau traité de Versailles. Une hypothèse que les Européens n'ont pas le droit d'envisager.

Diplomatie et sécurité européenne : L'invention de la diplomatie européenne

Au moment où l’Union européenne s’efforce de donner un sens et une réalité à une politique extérieure et de sécurité commune (PESC), il n’est pas inutile de se remémorer les origines de la diplomatie européenne. Le terme "diplomatie", ou "art de la négociation", n’est apparu qu’au XVIIIe siècle. Il englobe les conceptions juridiques ainsi que les pratiques politiques que les Européens ont en commun. Au temps des Princes, comme à celui de l’émergence des États nations, le souci fut toujours de préserver un équilibre fait d’alliances successives entre les puissances afin d’aboutir à la paix et d’éviter la guerre.

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