Analyse des sociétés européennes

Citoyens d'Europe : L'opinion publique européenne en 1996 ou "l'euro-conscience" des citoyens d'Europe

Même si une opinion publique européenne continue d’être un objet difficilement identifiable, une "euro-conscience" semble peu à peu se dessiner au fil des sondages réalisés par la Commission européenne. Par exemple, 46 % des citoyens européens connaissent l’"euro" et les opinions favorables à son introduction sont même en légère progression, même si seulement 15 % des personnes interrogées savent quand celle-ci aura lieu. En revanche, le déficit d’information est total en ce qui concerne la Conférence intergouvernementale, puisque moins d’un tiers des personnes interrogées en ont entendu parler. Un nouvel élargissement de l’Union ne remporte pas non plus l’adhésion des Européens : 55 % des personnes interrogées déclarent ainsi préférer que l’on consolide tout d'abord l'Union actuelle.

Entretien avec Bengt Westerberg : Lorsque les hommes et les femmes gouvernent ensemble... Le choix suédois

À quarante ans, Bengt Westerberg est devenu leader du parti libéral suédois, une fonction qu’il a occupée de 1983 à 1995. Puis il a été vice-Premier ministre et ministre des Affaires sociales de 1991 à 1994. C’est comme ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, poste qu’il cumulait avec les deux autres, qu’il a été l’initiateur du "mois du père" dont l’objectif est d’encourager les pères à rester au foyer pendant au moins un mois. Cette initiative a permis de faire prendre conscience aux hommes de l’importance qu’il y a à participer à l’éducation de leurs enfants. Elle les a également rendus plus réceptifs aux aspirations des femmes de pouvoir mener de front une carrière avec leur vie familiale. Bengt Westerberg est marié et père de trois enfants. Aujourd’hui, directeur de recherche du Centre d’études sur le genre à l’université de Karlstad et membre du Conseil pour l’égalité des sexes, il tire les leçons de cette expérience et souligne les progrès qui restent à accomplir, notamment dans les milieux d’affaires.

Citoyens d'Europe : Le "modèle suédois" d'égalité des sexes, aux antipodes du "modèle français" !

En Suède, la moitié des ministres sont des femmes, ainsi que 44 % des députés, 48 % des élus régionaux et 41 % des élus locaux. Plusieurs raisons d’ordre institutionnel expliquent pourquoi les Suédoises ont réussi à acquérir une place aussi importante dans la vie politique de leur pays. Mais, avant d’y parvenir, elles ont dû livrer un long combat pour changer les mentalités. Une expérience et des résultats positifs pour l’ensemble de la société qui pourraient servir d’inspiration à l’action des femmes françaises dans ce domaine, qu’elles soient féministes ou pas.

Citoyens d'Europe : Les droits de l'homme dans la politique européenne

Juridiquement très armée sur le plan de la défense des droits de l’Homme, l’Europe doit maintenant aller plus loin et montrer l'exemple en acceptant de défendre les droits économiques et sociaux après avoir été un farouche défenseur des droits politiques et civiques. Pour éviter d’ouvrir une nouvelle boîte de Pandore, notamment à l’égard des pays en voie de développement, elle devra par ailleurs renforcer sa politique de conditionnalité liant strictement son aide économique au respect des droits de l’Homme et des libertés fondamentales partout dans le monde.

Citoyens d'Europe : L'enjeu méconnu de l'union politique : la participation des citoyens

La participation des citoyens apparaît comme un enjeu fondamental pour l’Union européenne car elle est la condition pour que ceux-ci puissent s’identifier à l’Europe. Or, jusqu’à présent, "l’Europe s’est faite avec l’adhésion ou l’acceptation des citoyens, mais sans leur participation". Prônant un pouvoir de contrôle direct des citoyens et de leurs représentants sur les décisions prises à Bruxelles, Philippe Herzog explore quelques pistes — délibération, information, consultation — devant permettre d’accroître la participation des citoyens. Autant de propositions qui pourraient être discutées dans le cadre des négociations sur la réforme des institutions si l’on veut que l’Europe aboutisse à plus de subsidiarité.

Entretien avec Mario Soares : En finir avec les égoïsmes nationaux

Après un long combat, Mario Soares a vu en 1975 la fin de la dictature de Salazar, avec la révolution des Œillets. Au terme d’une carrière politique mouvementée, il a décidé de mettre son expérience au service de la cause européenne en prenant la présidence du Mouvement européen international, poste auquel il a succédé au début de l’année à Valéry Giscard d’Estaing. Dans l'entretien qu'il nous accorde, il parle de sa conception de la citoyenneté européenne qui ne peut se concevoir, selon lui, exclusivement en termes juridiques mais doit intégrer une dimension humaniste. Concernant la monnaie européenne, à laquelle le Portugal veut participer dès le départ, il estime que celle-ci ne doit pas être considérée comme une "fin" mais plutôt comme un "moyen" pour aller vers davantage d’intégration. Une intégration qu’il appelle également de ses vœux à l’égard du continent africain avec lequel le Portugal entretient des relations privilégiées. Mais aussi à l’égard des pays de l’Est qui doivent pouvoir bénéficier de la même solidarité de la part de l’Union que celle dont le Portugal a bénéficié quand il a rejoint la Communauté européenne en juin 1985.

Institutions européennes : Les deux faces de la médaille européenne, subsidiarité et démocratie

Avant de s’interroger sur les procédures à suivre, comme on le fait actuellement dans le cadre de la Conférence intergouvernementale (CIG), peut-être faudrait-il davantage réfléchir aux compétences de chacun dans les prises de décision. L’Union européenne a donné à juste titre la priorité au niveau politique le plus local possible. Mais, dans les faits la Commission continue à s’arroger des compétences universelles et les États membres à défendre le principe du vote à l’unanimité. C’est bien la preuve qu’en matière d’intégration européenne, la subsidiarité ne suffit pas. Sans un renforcement du processus démocratique, qui passe par une extension du vote à la majorité, la poursuite de cette intégration risquerait en effet d’être vouée à l'échec.

Institutions européennes : La politique européenne du nouveau gouvernement travailliste en Grande-Bretagne

L’arrivée au pouvoir de Tony Blair à la tête d’un gouvernement travailliste ne devrait pas fondamentalement changer la position britannique sur deux questions clés de la construction européenne : la réforme institutionnelle en vue de l’élargissement et l’avènement de la monnaie unique. Toutefois, on peut espérer que l’attitude des nouveaux dirigeants sera moins irréductible que celle de leurs prédécesseurs. La Grande-Bretagne assumant la présidence de l’Union au premier semestre 1998, date à laquelle doivent être sélectionnés les candidats à la monnaie unique.

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