Erasmus Puissance 10, une idée qui fait son chemin

A l'occasion des vingt ans du programme Erasmus, le Groupe des Belles Feuilles avait lancé en 2007 le projet « Erasmus Puissance 10 ». Un manifeste avait été signé par Vincent Schächter, en mars 2007, et publié sur le site Telos. Depuis, l’idée a fait un bout de chemin...

Le cœur de la proposition est de : "Proposer à nos partenaires européens de multiplier par 10 le nombre de bénéficiaires du programme Erasmus, en étendre le champ d'application à des catégories de jeunes qui n'en bénéficient pas pour le moment, mais également mieux articuler ce programme, dont le but est aujourd'hui surtout culturel et identitaire, avec les objectifs de compétitivité et de croissance de l'UE. ». En d'autres termes, rendre Erasmus plus utile, en en faisant un véritable instrument de formation et d'aide à l'employabilité pour les jeunes.

Le programme Erasmus, lancé en 1987, a été le premier programme de mobilité des étudiants soutenu par une volonté et un financement communautaires. En 2006, les étudiants Erasmus représentaient 0,72% de la population étudiante européenne. C'est de loin le premier programme d'échanges à l'échelle européenne. Malgré sa notoriété, on reste toutefois loin d’une véritable intégration de l’enseignement supérieur. Le nombre des séjours reste faible, au regard de critères tel que ceux du marché de l’emploi en Europe, de la mobilité étudiante aux Etats-Unis, ou de la mobilité des étudiants européens hors d’Europe. La France devrait proposer à ses partenaires d'en multiplier le nombre par 10. L’harmonisation récente des diplômes (Licence-Master-Doctorat) a multiplié les possibilités et les raisons d'effectuer un séjour d'études dans un autre pays européen.

Le facteur 10 est sans ambiguïté la signature du Groupe des Belles Feuilles, contrairement à "Erasmus plus", ou à d’autres formules. Cette proposition a bénéficié d’une publicité importante à travers des publications par l'agence intellectuelle Telos, sur Euractiv.fr, mais également à travers sa reprise par Newropeans et par la commission Attali.

Nous continuons à faire connaître notre proposition, récemment via une contribution retenue par le HEC Europe Symposium, et le 21 juin 2008 à l’occasion d'un atelier spécial consacré à la mobilité dans le cadre des Etats Généraux de l'Europe. Lors de la "Conference for University Leaders" organisée à l'Université de Waseda au Japon, Richard Descoings a développé un discours proche des positions du GBF, concernant la compréhension des enjeux de l'enseignement supérieur et de la recherche, et des défis que doit relever l'Europe si nous ne voulons pas perdre la formation de nos élites.

C’est une réussite du Groupe d'avoir réussi à donner forme à une idée "dans l'air du temps", à travers des publications et des contacts choisis.