Strasbourg, Bruxelles, Sarajevo : les trois villes de « l’Europe du vide » selon Peter Sloterdijk

Après la destruction de l’Allemagne entre 1943 et 1945 et la fin de la dictature nazie, l’Europe s’est trouvée prise en étau entre deux puissances mondiales, l’une à l’Ouest et l’autre à l’Est. Cette expérience d’anéantissement et de libération, qui a mis fin aux représentations que l’Europe se faisait de sa puissance, constitue le présupposé de la construction européenne depuis plus d’un demi-siècle. Depuis que l’étau des super-puissances s’est desserré, les Européens se trouvent à nouveau confrontés à leur propre identité, et à la nécessité de poser la question de leur rôle dans le monde.

Dans cet essai publié en 1994, le philosophe Peter Sloterdijk, dont la Critique de la raison cynique (1983) a été le livre de philosophie écrit en allemand le plus vendu dans le monde, s’interroge sur les tenants et les aboutissants de cette nouvelle situation. Le personnel politique de l’Union européenne, engagé dans la transformation de la politique en gestion administrative, s’est efforcé de vider le quotidien de l’Europe de tout contenu impérial – une tâche qu’il était nécessaire d’accomplir. Peter Sloterdijk fait ici sentir la vacuité de l’Europe (1951- ?) de l’après-guerre avec d’autant plus de force qu’il soumet la réalité à son humour acide.

 

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