Les think tanks : un détour par les Etats-Unis

Le Groupe des Belles Feuilles, représenté par Laure-Marie Neuburger et Marc Foglia, était présent au colloque organisé par l’Association pour la Valorisation des Relations Internationales, Scientifiques et Techniques (AVRIST) autour des think tanks et du rôle de l’expertise scientifique dans les débats publics. Le cadre des interventions et des débats était la question suivante : « Comment se développent les débats publics sur les enjeux sociétaux, lorsque ceux-ci requièrent une contribution d'expertise scientifique ou technique ? » Les experts, souvent des universitaires et des hauts fonctionnaires, sont venus nombreux. Les think tanks étaient en revanche très peu présents.

En marge des interventions, le Groupe des Belles Feuilles a pu échanger idées et impressions avec l’Observatoire Français des Think Tanks (OFTT), jeune organisation particulièrement dynamique.

Les débats pendant le colloque se sont largement focalisés autour de la nature des think tanks et de leur légitimité « culturelle » dans le contexte français.

Sans prendre ici position, le Groupe des Belles Feuilles livre ici des extraits d’un texte de R. Kent Weaver, professeur à l'Université de Georgetown et conseiller de la Brookings Institution, qui compte parmi les principaux think tanks aux Etats-Unis. Le Groupe des Belles Feuilles donne ce texte à lire comme un point de comparaison utile, dans les discussions interne au Groupe et les débats publics autour du terme "think tank", en France et en Europe.

Comme beaucoup d’autres organisations, les think tanks proposent du conseil en matière de politique publique. Comment se distinguent-ils dans le paysage politique américain ? Leurs les caractéristiques peuvent-elles se retrouver en Europe ? Veuillez ouvrir ou télécharger le document "think tanks US" en pièce jointe.

Marc Foglia, pour le GBF

 

Voir aussi sur le site de nonfiction.fr "les think tanks : origines et perspectives". Sur leur rôle en Europe, on peut lire ceci, de Xavier Carpentier Tanguy :

"La complexité des modes de prises de décision au niveau européen permet l’émergence de nouveaux acteurs politiques intermédiaires. Les processus décisionnels mais aussi informationnels en Europe exigent en effet des instruments techniques véhiculant des règles, des normes d’action, ou de procédures, telles que, par exemple, les notions de projet, d’évaluation, d’expertise ou de partenariat. Instruments technicisant et vecteurs de diffusion des idées à tous niveaux – local, national, européen – les think tanks recouvrent l’idéal de mise en commun des "bonnes pratiques" souhaitée par la Commission européenne qui encourage vivement le développement de ce qu’elle nomme "la société civile". (...) Il est vrai que les disparités sont particulièrement fortes entre les pays membres : la France ne semble pas encore posséder une réelle culture des think tanks, à l’opposé de l’Angleterre et de l’Allemagne, par exemple, dont la fondation Friedrich Ebert créée en 1925 et apparentée au SPD (Parti social-démocrate), dispose d’un budget de près de 100 millions d’euros et peut animer plus de 90 bureaux dans le monde (dont un important à Bruxelles). En Allemagne, toujours, la Fondation Science et politique (SWP : Stiftung Wissenschaft und Politik), fondée en 1965 sur le modèle de la RAND Corporation, a pour fonction de conseiller le gouvernement et le Parlement sur les questions internationales, tout en restant politiquement autonome. Les fonds de la SWP proviennent du budget de la Chancellerie, ce qui lui assure une indépendance réelle par rapport au ministère des Affaires étrangères. Dotée de 10 millions de budget annuel elle peut ainsi bénéficier du travail sur le long terme de 70 chercheurs spécialisés."