L'Allemagne et la France ont réagi ensemble au "Non" irlandais

Le résultat négatif du référendum en Irlande a laissé globalement l'Europe désemparée, malgré des sondages dont la courbe suivait l'aggravation de la crise financière et économique depuis l'automne 2007, après vingt-cinq ans d'expansion ininterrompue, et le mécontentement des Irlandais à l'égard d'un gouvernement national éclaboussé par des affaires de corruption.

La Présidence slovène, débordée par les événements, reste sans voix, et les médias semblent avoir perdu le sens de l'orientation. En revanche, l'Allemagne et la France s'étaient préparé à un tel résultat. Dès vendredi soir, à 17h15 soit dès la confirmation des résultats, les deux pays ont fait une déclaration commune qui appelle à la poursuite du processus de ratification européen. Le Traité de Lisbonne apporte en matière de démocratie, d'efficacité et de transparence de notables améliorations, qui sont autant de réponses aux inquiétudes exprimées par les électeurs irlandais.

"Nous prenons acte de la décision démocratique des citoyens irlandais avec tout le respect qui lui est due, même si nous la regrettons.

Le Premier Ministre irlandais nous a informés aujourd’hui même du résultat du référendum et donnera son analyse des raisons de ce vote lors du Conseil européen des 19-20 juin. Il appartiendra au Conseil européen de tirer les conclusions souhaitables.

Le traité de Lisbonne a été signé par les chefs d’Etat ou de Gouvernement des 27 Etats membres et la procédure de ratification est déjà achevée dans 18 pays. Nous espérons donc que les autres Etats membres poursuivront le processus de ratification.

Nous sommes convaincus que les réformes contenues dans le traité de Lisbonne sont nécessaires pour rendre l’Europe plus démocratique et plus efficace et qu’elles lui permettront de répondre aux défis auxquels sont confrontés ses citoyens." (Source : communiqué sur le site de l'Elysée)

De son côté, le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné que "le Non irlandais ne devait pas être considéré comme un vote contre l'Union européenne". Il a rappelé que le Traité de Lisbonne avait été signé par les 27 Etats membres, auxquels incombe la responsabilité de "faire face à la situation", le "Non" irlandais "n'apportant pas de solution aux problèmes que le Traité de Lisbonne se propose de résoudre".

Le résultat négatif du référendum en Irlande est aussi un échec cuisant pour la France et l'Allemagne et leurs dirigeants. Pendant la Présidence allemande, Angela Merkel avait appuyé la négociation d'une nouvelle version du Traité constitutionnel, approuvée au Conseil et soumise à la ratification sous le nom de Traité de Lisbonne. Le Président français, Nicolas Sarkozy, n'avait pas ménagé sa peine pour créer un consensus autour du "mini-traité" puis du "traité simplifié".

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À la veille de la Présidence française, l'initiative pour sortir de l'impasse institutionnelle revient dans l'agenda européen. La situation est donc comparable à celle de 2006-2007 : Nicolas Sarkozy, comme candidat à l'élection présidentielle française, avait déjà joué les managers de crise pour relancer l'Europe après l'échec du référendum de 2005. Un rôle qu'il a repris en République tchèque, pour parler avec ses homologues d'Europe centrale - sans aucun doute, un rôle qu'il aurait préféré éviter ...

 

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