Angela Merkel reçoit le Prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle

Le Président français, Nicolas Sarkozy, a obtenu de prononcer l’éloge d’Angela Merkel, lauréate du Prix Charlemagne – un Prix créé en 1950 récompensant des personnalités politiques, ou parfois des institutions, pour leur engagement européen. La Chancelière allemande rejoint une prestigieuse liste de récipiendaires, dont faisaient partie deux Chanceliers allemands, Konrad Adenauer (1954) et Helmut Kohl (1988), ce dernier ayant reçu le prix Charlemagne conjointement avec François Mitterrand.

Angela Merkel, 54 ans, née à Hambourg, a été élevée en ex-Allemagne de l’Est. Son père, pasteur de profession, avait en effet accepté une mission d'évangélisation en terre communiste, comme le relate le journaliste Jean-Paul Picaper, correspondant du Figaro à Berlin pendant plus de trente ans, dans la biographie passionnante qu'il a consacrée à Angela Merkel.

"Ce chemin qui est le tien, c’est un chemin d’espoir pour tous les Européens, a souligné Nicolas Sarkozy. Qu’une jeune femme de derrière le Rideau de fer ait pu devenir une femme d’Etat à la tête d’une Europe réunifiée, en moins de trente ans, quel parcours ! Le mérite t’en revient ». Le Président français a suivi la tradition des « discours de décoration » français, tradition à laquelle sa verve et son humour parfois gaulois ont donné un relief particulier. 

"La presse parle beaucoup de notre couple", a-t-il remarqué en se tournant vers l'époux d'Angela Merkel, Joachim Sauer. "Nicolas, je te remercie de tout coeur de tes si gentilles paroles", a répondu la chancelière, troquant le "vous" de son discours écrit pour le tutoiement. Mais surtout, le président français a voulu démentir tout froid - diplomatique ou personnel - avec la Chancelière. Conscient du fait que celle-ci est non seulement la personnalité préférée des Européens, selon un sondage Harris Interactive publié le 8 avril 2008, mais exerce une autorité diplomatique réelle au nom de l'Allemagne et parfois de l'Europe sur la scène internationale. Le Président français a souligné « l’autorité, la détermination, la volonté » d'Angela Merkel, qui a réussi, lors de la Présidence allemande du Conseil en 2007, à relancer le processus européen lors de la Présidence allemande du Conseil de l’Europe, au premier semestre 2007, le « traité simplifié » étant alors devenu le Traité de Lisbonne.

La version écrite du discours de Nicolas Sarkozy évoquait la future « Union pour la Méditerranée », qui devrait voir le jour au Sommet de Paris le 13 juillet. Source d’inquiétudes à Berlin, cette nouvelle Union a été occultée par le Président français, qui s’est limité au registre personnel – au risque d'en faire un peu trop, comme le note Libération, qui titre "Nicolas Sarkozy déclare sa flamme à Angela Merkel".

Ce discours plein d'effusion a reçu des échos positifs en Allemagne, souligne Cécile Calla dans Le Monde. "On pourrait dire qu'il s'agit d'une offre en faveur d'une coopération sans réserve entre Paris et Berlin", souligne ainsi le quotidien Süddeutsche Zeitung. Affublant le chef de l'Etat français du titre de "nouvel amant de Merkel", le quotidien économique Financial Times Deustchland affirme toutefois que Monsieur Sarkozy agit "comme s'il misait vraiment sur un partenariat solide".
 

Marc Foglia, pour le GBF

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