Pourquoi les entreprises allemandes souffrent pas (trop) de l’euro fort

L’euro fort est considéré comme un risque pour l’économie allemande, davantage tournée vers l’export que l’économie française. Mardi 22 avril, l’euro a dépassé brièvement les 1,60 dollars. Pourtant, les carnets de commandes des entreprises allemandes résistent mieux à la hausse de l’euro qu’on aurait pu l’imaginer. Warum ?

Les instituts de prévision économique ont considéré que le printemps 2008 était une période favorable. Le Club des Exportateurs attend une nouvelle croissance des exportations de 5% en 2008, alors que 2007 avait marqué un record absolu. Selon Manfred Jäger, expert de l’Institut d’économie allemande de Cologne (Institut der deutschen Wirtschaft Köln, IW) on doit d’abord réaliser que la plus grosse part des exportations allemandes n’est pas à destination de la zone dollar – là où l’euro fort représente un handicap à la compétitivité des produits. Environ 40% des exportations concerne la Zone Euro, et les deux tiers l’Union européenne, où les autres monnaies, comme la couronne suédoise, varient très peu par rapport à l’euro. Par ailleurs, l’importance des pays émergents ne cesse de croître, ainsi que celle des pays de l’Est. En 2007, la valeur des exportations à destination de la Russie a augmenté de 20%.

Bien sûr, cela ne veut pas dire que l’économie soit indifférente au taux de change. Mais la faiblesse du dollar se répercute peu sur les commandes, dans la mesure où la zone dollar est devenue plus petite. Le danger serait que la faiblesse du dollar n’affecte les pays asiatiques, souligne Volker Trier, chef de la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK). La demande issue des pays émergents remplit les carnets de commande de l’industrie allemande. Enfin, seulement 80% des exportations allemandes sont facturées en euros. En effet, les entreprises qui commercent beaucoup avec les Etats-Unis préfèrent produire et vendre sur place, en dollars. Ce sont des filiales allemandes, souligne encore Volker Trier, car « il a été rarement plus lucratif de prendre des participations dans des entreprises américaines ».  

 

Marc Foglia, pour le GBF