Construction européenne

Entretien avec Corinne Lepage : Un défi majeur pour la démocratie

Face aux enjeux économiques considérables que représentent les biotechnologies alimentaires, l'ancien ministre de l'Environnement s'inquiète de la faiblesse des États pour lutter contre ce qui apparaît aujourd'hui comme l'instauration d'un marché oligopolistique de la part de quelques grandes firmes, essentiellement américaines. Émaillant son propos d'exemples vécus, elle prône l'interdiction de toute publicité tant que le débat sur les OGM n'aura pas été tranché démocratiquement, et l'instauration d'un contreseing ministériel obligatoire.

Groupe des BELLES FEUILLES : Quel bilan faites-vous de l'apport actuel des biotechnologies agro-alimentaires ?

Entretien avec Emma Bonino : Les OGM approuvés en Europe ne font pas courir de risques aux consommateurs

Groupe des BELLES FEUILLES : La décision de la Commission européenne d'autoriser la mise sur le marché du maïs et du soja génétiques fabriqués aux États-Unis a suscité de nombreuses réactions. Des États membres comme l'Autriche, le Luxembourg ou l'Italie ont refusé de commercialiser ces produits chez eux. Où en est-on aujourd'hui ? Combien de produits génétiquement modifiés ont-ils été autorisés et quels sont ceux susceptibles de l'être ?

Entretien avec Brian Crowley : La résolution du parlement européen sur les aspects sociaux du logement, une première étape vers une prise de conscience au niveau européen

Le Parlement européen s’est prononcé, en mai dernier, sur la mise en œuvre d’une politique européenne du logement et sur la définition du droit au logement au niveau européen. Après les résolutions de 1987, 1988, 1990 et 1996, le projet de résolution sur les aspects sociaux du logement a été adopté à la veille du Conseil européen d’Amsterdam qui, toutefois, a préféré faire la sourde oreille. Ni la reconnaissance du droit au logement comme droit fondamental des citoyens de l’Union, ni la mobilisation des réserves du programme CECA pour le financement de la construction et de la réhabilitation de logements en faveur des exclus n'ont été retenues.

Le logement social dans l'Union européenne : une mutation en cours

Issues de la période des trente glorieuses, les interventions massives en matière de logement visant à réduire la pénurie par la création d'un parc social hors marché et à faible loyer sont aujourd'hui caduques. À la place, la "révolution libérale" des années 80 a réinstauré le marché comme régulateur, les pouvoirs publics se contentant d'intervenir —le plus souvent localement — pour corriger les dysfonctionnements. Cette mutation s'est traduite par une restructuration des secteurs locatifs sociaux un peu partout en Europe sans que, pour autant, aucune aide européenne n’ait, pour l'instant, vraiment été envisagée.

Économie et société européenne : L'exception française est-elle soluble dans l'Europe ?

Alors que le fléau du chômage continue de défaire le tissu social européen, l'Europe sociale, malgré quelques avancées, n'a pas encore pris la mesure des défis qui l'attendent, notamment celui de la dénatalité rampante. Pourtant, le Vieux Continent a son mot à dire pour remettre l’homme au cœur de l'économie. C'est en Europe, en effet, que sont nées les conceptions sociales cristallisées par l'État providence. Aujourd'hui, les mécanismes de protection sociale "cassent" les créations d'emploi. Pire  : au lieu de lutter contre le chômage, protéger les plus faibles et aider les pauvres, ils engendrent de nouvelles injustices sociales.

Réalisme politique et pragmatisme idéologique en Afrique : par delà "l'esprit de Fachoda" ?

Organisée en décembre 1997 sous l’égide de la French-American Foundation* et du Centre d’études et de recherches internationales (CERI), la rencontre entre l’ambassadeur Joseph C. Wilson, conseiller du président Clinton pour les affaires africaines, et Jean-François Bayart, directeur du CERI, avait pour but de favoriser le dialogue entre deux conceptions - parfois concurrentes - des méthodes et des finalités de l’intervention internationale en Afrique subsaharienne. Le texte qui suit est un compte rendu de leurs interventions. Il fait apparaître que les convergences qui se dessinent entre les politiques africaines de la France et des États-Unis.

L'Algérie et la coopération Euro-méditerranéenne

Faisant écho aux propositions de François Périgot, l'article de Rachid et Hakima Ould-Moussa présente le point de vue algérien sur "le dessous" des négociations entre l'Algérie et l'Union européenne dans le cadre de l'accord d'association en vue de l'établissement d'une zone de libre-échange. Après avoir rappelé certaines spécificités algériennes, et l'enjeu important que ce pays représente pour l'approvisionnement énergétique de l'Europe, les auteurs concluent qu'un "accord standard" sur le même modèle que celui signé avec le Maroc et la Tunisie est exclu, parce qu'il signifierait la mort de l'industrie algérienne, actuellement en pleine restructuration, sans lui offrir de véritables nouveaux débouchés.

Entretien avec François Périgot : "C'est à la France de relancer le processus de Barcelone !"

Face à un processus de paix qui piétine au Moyen-Orient et à l'urgence de la situation dans nombre d'autres pays du pourtour méditerranéen, l'ancien président du CNPF et de l'UNICE demande que la France reprenne le flambeau dans cette région. Déçu par les faibles résultats du partenariat euro-méditerranéen initié, en 1995, par la conférence de Barcelone, il préconise la délocalisation de certaines productions agricoles, avec l'apport de capitaux cogérés localement, ainsi que la formation de jeunes liés par contrat avec des entreprises, qui retourneraient dans leur pays une fois leurs stages terminés. Pour lui, la solution au retard économique des pays méditerranéens ne réside pas dans le pardon de la dette mais dans la création d'un grand marché susceptible d'attirer les investisseurs.

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