L'Agence Spatiale Européenne, un modèle à suivre

Dans les technologies satellites, 17 pays européens ont mis leur ressources en commun depuis quarante ans. Cette collaboration au sein de l’Agence Spatiale Européenne (European Space Agency, ESA) permet aujourd’hui à l’Europe d’être en pointe, avec aujourd’hui 15 satellites en activité dans les domaines de l'observation terrestre, des télécommunications et de la navigation par satellite.

L'ESA a aussi à son actif des lanceurs (financement et meta-gestion d'Ariane 5), les analyses d'observation de la
Terre (www.esa.int/eo), des stations sol (réseau mondial ESA, incluant le "Deep Space Network") et des véhicules spatiaux pour l'ISS (Columbus, ravitailleur ATV, Astronautes + ISS Science...).

L’ESA vient de lancer une campagne de recrutement pour la nouvelle génération d'astronautes. Ce n’est pas dans ce cadre que Marc Foglia, membre du Groupe des Belles Feuilles, a été reçu au siège parisien de l'ESA, mais dans celui du Dialogue d’avenir franco-allemand, piloté en France par l'IFRI.

L’Agence Spatiale Européenne a été construite indépendamment des Communautés Européennes, même si des liens étroits ont toujours existé. Les liens avec l’Union ont été formalisés depuis 2003, et l’espace est désormais compétence de l’Union. Le prochain « Conseil espace », qui rassemble le Conseil de l’European Space Agency et le Conseil de l’Union européenne autour d'une même table, aura lieu en novembre 2008.

L’ESA est une agence de R&D dans le domaine spatial et développe des stratégies à long terme – dix années ou plus peuvent séparer la décision de l’application opérationnelle. Son rôle est d’assurer une sorte de pilotage entre les organismes de recherche nationaux (par exemple le CNES) et les industriels (Arianespace, EADS Astrium, etc.). À la différence d’autres organismes internationaux, dont les activités sont purement juridiques et diplomatiques, l’ESA oriente sont travail vers la réalisation de satellites, source de satisfaction.

L’agence fait de l’ingénierie de projets spatiaux, ce qui veut dire coordonner les programmes de recherche nationaux, ou vendre les projets aux Ministres afin d'en assurer le financement à long terme, etc. Le principe de la convention entre les Etats membre du consortium est celui du juste retour : le montant qu’un Etat investit doit lui revenir en termes de contrats industriels. Le but n’est plus de démontrer des technologies, en espérant avoir un jour des retombées, mais répondre à des besoins identifiés et faisant l’objet d’un consensus politique. De manière révélatrice, l’interlocuteur de l’ESA à la Commission européenne était autrefois la DG recherche, aujourd’hui la DG entreprises et industrie.

Le budget est de 3 Mdrs€. Les contributions sont calculées selon une « clé PIB » pour chaque pays membre. Le personnel compte 2000 personnes, pour moitié des ingénieurs projet. Michel Ktitareff vient de rappeler dans Les Echos que les industries technologiques de la Silicon Valley, en Californie, ne connaissent pas la crise pour l'instant. L’innovation dans le secteur de la santé est forte. Le Cell Stem Institute de San Francisco, financé par 3 milliards de dollars de fonds publics, voit se multiplier les start-up spécialisées dans les cellules souches. Les technologies « propres » (clean tech) constituent un autre relais de croissance efficace.

Les projets de R&D dans ces secteurs de pointe ont besoin d’un support européen plus accentué. Pour des secteurs comme la santé, l’environnement, l’agronomie ou les technologies propres, le cadre national paraît désormais insuffisant à l'ingénierie de projets R&D. Sur le sujet, l'European Space Agency est un modèle à suivre.

 

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